Kozman Maloya

Le propos artistique

« Pour moi le maloya c’est…

Dans Kozman maloya, Florence Boyer joue et se fait l’écho en mouvement des mots du poète et chanteur Danyel Waro sur un titre phare de l’auteur :
« Po mwin maloya » remisé par l’alien sonore Jako Maron.

Elle donne à voir ici, ce que la danse maloya a construit en elle.

Cette résistance à – pour trouver la liberté de son Être réunionnais.

Elle rend ici hommage à cette culture héritée des esclaves qui marque profondément la culture réunionnaise et transcende même la question des classes sociales ou de couleur à la Réunion.

Une musique et une danse à travers laquelle Florence Boyer a trouvé le chemin de son identité réunionnaise. Une identité que sa couleur de peau ne porte pas forcément mais qui transpire dans sa gestuelle, dans son Être. Elle n’a eu de cesse de devoir justifier sa créolité lorsqu’elle s’est installée à Paris. Elle, la yab qui se fondait dans la masse parisienne. Il n’y a qu’en dansant qu’on lui reconnaissait et validait sa filiation réunionnaise… à travers la danse maloya.

… danser mon identité »

De la genèse d’un projet

Cette création a commencé en 2013 lors d’un master class avec Daniel Larrieu au Studio Carolyn Carlson à Paris sur l’écriture chorégraphique à partir d’un texte. Cette pièce est construite à partir des paroles de la chanson de Danyel Waro qui lui était chère Po mwin maloya… Ce texte résonne pour Florence comme un poème qu’elle aurait aimé écrire. Alors elle le danse. Et elle danse son histoire, sa relation au maloya.

Après un workshop au Centre National de la Danse (Pantin) en juin 2016 sur le portrait avec la plasticienne Valérie Mréjen, elle a approfondi les éléments de ce solo. Florence Boyer donne à voir ici la corporéité d’une réunionité emprunte de « ginginisme ». Néologisme que Florence Boyer a créé pour désigner ce complexe
d’infériorité incorporé dans la gestuelle réunionnaise constamment en train de s’excuser de –

Mwin lé pti mwin lé mizèr mi rès trankil mi fé pa dézord…

Autant de mots, d’injonctions qui sont incorporés et qui rythment son évolution sur la scène.

Être des petits, des moins que rien, se mettre au pas, obéir au
maître, se taire…

C’est aussi contre ces injonctions faites au fil de l’histoire à l’Être réunionnais qu’elle exprime à travers ce solo.

Kozman maloya est alors une invitation à s’élever, se grandir, exploser et « réyoné »

Une invitation à se faire entendre

Une invitation à prendre SA place dans ce monde.

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