Florence Boyer

Chorégraphe, interprète, chercheuse en anthropologie de la danse, Florence Boyer est née le 2 novembre 1978 à la Réunion.

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Florence Boyer a mené parallèlement sa vie artistique et sa formation universitaire. Après sa formation à l’agrégation d’EPS et après 6 ans d’enseignement de la danse et des activités sport et santé (notamment à l’Université de Paris Sud XI-Orsay), elle décide de vivre pleinement sa vie d’artiste chorégraphique. Sa passion pour les études de l ’histoire des pratiques physiques la conduit à se questionner sur l’historiographie de l’île de la Réunion et la nécessité de réécriture des histoires et mémoires issues de l’esclavage. Elle entame dès lors une plongée introspective au coeur même des pratiques culturelles et savoirs endogènes locaux, de leurs liens avec l’Afrique, Madagascar, l’Inde et la Chine. Cette expérience féconde d’héritages culturels multiples qui composent l’univers référentiel créole va nourrir le désir de cette artiste de ne pas se confiner dans un seul et unique genre en ayant à choisir entre danse contemporaine, danses africaines, jazz ou encore hip hop…Danseuse interprète auprès de plusieurs compagnies à la Réunion (Yun Chane, Henry Pèdre…), elle quitte alors l’île pour continuer à se former auprès des plus grands chorégraphes contemporains dont les plus marquants Carolyn Carlson, Lucinda Child, Daniel Larrieu, chez Mathilde Monnier, Peter Goss, Vincent Mantsoé, Stephanie Batten Bland, Abou Lagraa, Nadine Beaulieu (…). Elle a travaillé avec de nombreuses compagnies professionnelles à Paris et à l’étranger (Ronald K.Brown -New York, Géraldine Amstrong, Rick Odums…) mais aussi dans des comédies musicales et longs métrages sur la danse (Toi, moi et les autres de Audrey Estrougo, 2011).Loin de ses racines, la chorégraphe devient de plus en plus sensible aux questionnements touchant aux conditions d’existence de l’« être réunionnais ». Voilà qui explique son besoin de mettre en scène qui se concrétise alors au sein de Artmayage en 2007. Elle développe ainsi une écriture chorégraphique singulière qu’elle nomme : contemporaine créole. Une danse fluide, organique entremêlée de pas traditionnels réunionnais issus du maloya, moring et de danse contemporaine. Les différentes influences qui sont venues nourrir la corporéité différenciée de cette danseuse confèrent à son langage corporel une expression ontologique et organique profondément tellurique mais également résolument aérien.Florence Boyer

Sa première création « Ma métisse » (2007) a été finaliste du concours des Synodales en 2008 Elle a été présentée à la Villette (Kréyol factory), au Cabaret Sauvage, au Théâtre 14 à Paris, , à la villa du Département de la Réunion, au théâtre de la Mangrove à Marseille… et continue à être programmée notamment dans le cadre de l’année des Outres Mer en France en 2011.

Sa deuxième création un conte musical dansé « La chute d’Icare » a été présenté au Musée du Quai Branly en 2008. C’est dans sa troisième création (2010) « Di a li » que Florence Boyer expose les conditions d’être d’une femme créole réunionnaise.

Dans sa création 2011« Charoy’ » elle questionne les héritages des mondes créoles en collaboration avec le musicien-chanteur et anthropologue martiniquais David Khatile. Cette création est d’ailleurs soutenue par la Mairie de Paris (DGOM) et programmée à Paris dans le cadre de l’année de l’Outre Mer.

C’est dans sa dernière création intitulée RAVAZ que Florence Boyer interroge le corps dans les mondes créoles. Installés en suspension les corps dansent avec les arbres comme pour interroger ses racines.

Transformant la tradition dans ses créations chorégraphiques, Florence Boyer s’est investit dans l’enseignement de la tradition maloya. Elle est devenue l’intervenante référente en France et enseigne la danse maloya à la cité de la musique à Paris, donne des stages de danses traditionnelles et danse contemporaine créole « entre modernité et tradition » en Europe, à Paris, à la Réunion…

En perpétuelle réflexion sur sa danse, elle effectue un travail de recherche en anthropologie de la danse sur la danse maloya. Elle est régulièrement sollicitée pour des conférences portant sur l’interculturalité ou pour exposer son travail sur la danse maloya

Le travail de Florence Boyer est régulièrement soutenu par le Conseil Régional et Conseil Général de la Réunion, du conservatoire Darius Milhaud du 14ème arr de Paris, de CASDAL, centre d’animation Vercingétorix et Marc Sangnier ainsi que du Centre National de la Danse de Pantin (prêt de studio).

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La chorégraphe réunionnaise Florence Boyer s’est vue décerner par la Mairie de Paris le Trophée Femme d’Avenir 2012 le 8 mars lors de la Journée internationale de la Femme. Ce Trophée récompense les femmes pour leur parcours de vie et leurs engagements dans des projets porteurs pour l’avenir citoyen.

 

Source : http://www.dansermag.com/choregraphe/Florence-Boyer_3180.html#